A travers cette nouvelle série, qui ne sera peut-être qu'une ébauche, j'ai voulu m'interroger sur ma notion de luxe. Après une très courte réflexion, l'apparition d'un modèle me semblait importante : c'est un luxe d'être, de vivre même si le monde ne nous permet peut-être pas de le croire vraiment. De cette petite idée là, me sont venues à l'esprit que certaines choses étaient un luxe sans en avoir l'air : la souffrance est un luxe, l'emprisonnement est un luxe, disparaître est un luxe.
On ne peut nier que souffrir a toujours été, dans diverses sociétés, quelque chose d'admirable. De multiples rituels ont été et sont basés sur la souffrance ; quelqu'un qui souffre et qui accepte sa souffrance, ça se respecte et c'est bien quelque chose d'universel.
L'emprisonnement, c'est la barrière dont tout le monde a besoin ; il est bien inutile de faire l'éloge de la liberté, quand on s'enveloppe constamment dans une morale, dans des principes et des règles que nous nous sommes nous même établis. Nous éprouvons le besoin de limiter les choses, pour ne pas nous perdre dans nos pulsions, par exemple. Qui n'a pas de limites, subit son instinct.
La disparition et l'invisibilité, font partie des rêves de chaque être humain. Être un simple spectateur, exister quand même, ne pas être vu mais tout voir... (c'est un phénomène qui se développe aujourd'hui avec la télé-réalité, nous sommes bien d'accord). Cela répondrait peut-être à une sorte de besoin. Celui d'être tranquille sans être véritablement seul, de regarder profondément les péchés du voisin pour nous pardonner les nôtres.


La souffrance est un luxe


L'emprisonnement est un luxe


La disparition est un luxe

Pour cette série, je voulais du contraste... que ce soit physiquement, ou dans les idées. Une ambiance sauvage avec la main recouverte de maillons d'or mélangeait le sentiment primitif, naturel, et le luxe dans ses plus simples traits.